04 juin 2007
Verts : un isolement qui confine au suicide
Les Verts ne feront pas alliance avec le Parti
socialiste pour les prochaines législatives. Le Conseil national du
parti écologiste a décidé, le 13 mai dernier et à 77,96 % des voix, de
repousser la proposition du PS : le parti de Hollande leur réservait 14
circonscriptions en échange d’un accord de désistement automatique au
second tour.
Source Midi Libre
Info en continu et en direct sur les elections legislatives 2007 ici
15 mai 2007
Le Pen engage la bataille législative
Le président du Front national s'attend à un « redressement » lors du scrutin de juin.
INVERSER LA tendance aux législatives. Récupérer le vivier de voix qui était celui de Jean-Marie Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2002, à tout le moins élargir l'électorat qui s'est porté sur son nom le 22 avril dernier. C'est l'objectif du président et des dirigeants du Front national, non seulement pour conserver leur influence politique, mais aussi et peut-être surtout parce qu'il en va du financement public dont bénéficiera leur mouvement pour les cinq années à venir.
Jean-Marie Le Pen adresse donc depuis dimanche soir un message simple aux électeurs du FN qui l'avaient abandonné au premier tour pour Nicolas Sarkozy et à ceux qui ont se sont reportés sur le candidat de l'UMP au deuxième tour : pour ne pas être déçu par Sarkozy il faut voter pour les candidats du FN aux législatives, leur dit-il. « Il est nécessaire que nous ayons des députés, parce que sans cela les Français n'auront aucune garantie que M. Sarkozy et ses amis ne feront pas une politique pire que celle qu'ils ont menée pendant les années précédentes et qui nous ont amenés au désastre », a déclaré hier matin Jean-Marie Le Pen sur LCI.
Appelant à un « redressement » de son parti, il va donc jusqu'à manifester « l'espoir raisonné » de faire élire des députés du FN, alors que cela lui est pratiquement impossible au scrutin majoritaire. Jean-Marie Le Pen envisage l'hypothèse où Nicolas Sarkozy pourrait laisser élire quelques députés du FN : il a dit espérer que le nouveau président de la République veuille bien « manifester de façon claire qu'il n'entend pas » constituer une majorité « monolithique ». Dans son esprit, le nouveau président pourrait s'abstenir de faire voter « pour le candidat PS ou PCF » lorsque celui-ci se retrouvera au second tour face à un candidat FN, hypothèse qui permettrait à Jean-Marie Le Pen d'espérer l'élection de celui-ci.
Un rééquilibrage interne
Hypothèse hautement improbable. Il n'est pas impossible que, ce faisant, le président du FN veuille préparer le terrain à une campagne très dure contre l'UMP, qu'il pourrait justifier, justement, par le refus du nouveau chef de l'État de composer avec le FN. Le fait est que Bruno Gollnisch, qui s'était tenu à l'écart de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen, vient de reprendre du service en vue des législatives. Il doit, lundi prochain, au cours d'une conférence de presse « présenter la campagne ». Quand on sait les critiques que le recul électoral de Jean-Marie Le Pen ont values à sa fille Marine, directrice stratégique de sa campagne présidentielle, cette responsabilité confiée au délégué général apparaît au moins comme un rééquilibrage interne. Et Bruno Gollnisch n'a jamais été partisan du recentrage du FN, ni de la détente avec les partis de l'« établissement ».
Jean-Marie Le Pen, d'ailleurs, est toujours aussi sévère vis-à-vis de
Nicolas Sarkozy, dont il assure n'attendre rien de bon. Il a comparé
dimanche soir le président de la République élu à « un cul-de-jatte qui veut gagner le 100 mètres ».
Source Le Figaro
Info en continu et en direct sur les elections legislatives 2007 ici
La "majorité présidentielle" se prépare à la bataille des législatives
La commission des investitures, qui se réunit aujourd'hui, doit tenir compte des ralliements UDF, mais aussi régler des litiges internes à l'UMP.
LE MARATHON recommence pour Jean-Claude Gaudin et Alain Marleix, respectivement président et vice-président de la commission des investitures de l'UMP. En novembre 2006, après un an de tractations, ils avaient bouclé une première liste de candidats aux législatives. Ils doivent aujourd'hui la compléter pour que les impétrants puissent se déclarer au plus tard le vendredi 18 mai en préfecture.
Les experts de l'UMP vont donc devoir faire vite pour régler les cas qu'ils avaient « réservés » et qui sont, logiquement, les plus difficiles. Première question : quel traitement réserver aux députés sortants UDF qui ont soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy, ou qui se sont ralliés au président élu ? L'appel au « rassemblement » version Sarkozy ne supposait « ni reniement, ni renoncement », comme il l'a encore affirmé le soir de sa victoire. Qu'ils soient issus de l'UDF ou du PS, les nouveaux convertis pourraient conserver « leurs convictions et leur identité ». En contrepartie de leur soutien, l'UMP ne présenterait pas de candidat contre eux. Si toutefois ils s'engagent au minimum à ne jamais censurer le gouvernement.
Sur 30 UDF sortants, 22 ont déclaré vouloir travailler avec Nicolas Sarkozy (lire p. 17) L'UMP avait désigné des candidats contre deux d'entre eux, Francis Vercamer dans le Nord et Yvan Lachaud dans le Gard. La commission des investitures souhaitait les sanctionner pour avoir rejoint François Bayrou après s'être fait élire avec le soutien de l'UMP. Elle doit aujourd'hui trouver un moyen d'éviter ces duels programmés.
Capacité de nuisance
Le problème ne se posera pas pour les vingt autres centristes ralliés à Sarkozy, puisque leurs circonscriptions n'avaient pas été pourvues. Reste à régler le cas de François Bayrou et des cinq députés sortants qui lui sont restés fidèles. Selon toute probabilité, le nouveau président tranchera. L'ex-candidat de l'UDF a acquis une capacité de nuisance considérable dans toute l'Aquitaine, chez lui dans les Pyrénées-Atlantiques, bien sûr, mais aussi à Bordeaux, où Ségolène Royal est en outre arrivée en tête avec 54,66 % des suffrages dans la circonscription d'Alain Juppé, actuellement encore tenue par son premier adjoint à la mairie, Hugues Martin.
L'ancien président de l'UMP, qui estime avoir « commis une erreur » en 2002 en ne présentant pas systématiquement de candidat contre les sortants UDF, a refusé cette fois tout compromis. Il se présentera en tandem avec Hugues Martin dans son ancienne circonscription, au lieu de choisir un suppléant centriste, comme il en avait pris l'habitude. Mais il n'est pas certain que Nicolas Sarkozy, tout à sa volonté d'« ouverture », adopte un comportement aussi radical.
Les électeurs centristes, surtout quand ils ont voté Royal au deuxième tour de la présidentielle, sont potentiellement en mesure de provoquer des triangulaires dans plus de 400 circonscriptions. L'UMP doit ajuster sa stratégie en conséquence sur la façade méditerranéenne, dans l'Est et dans le Bassin parisien.
Le bon score de François Bayrou devrait notamment avoir une influence sur la désignation du candidat de l'UMP dans le XIIe arrondissement parisien, seule circonscription non pourvue de la capitale. La chiraquienne Catherine Colonna, pour quelques jours encore ministre délégué aux Affaires européennes, voudrait s'y présenter, mais Nicolas Sarkozy a d'autres projets.
Le XIIe pourrait servir de terrain d'atterrissage à Jean-Louis Borloo, en vue d'un affrontement avec Bertrand Delanoë aux municipales de mars 2008. En cas d'accord Sarkozy-Borloo, Françoise de Panafieu aurait du mal à rivaliser avec le centriste le plus populaire de l'UMP, même si les militants parisiens l'ont désignée pour affronter le maire socialiste de la capitale.